Faut-il encore investir sur les marchés américains en 2026 ?
1. Un début d’année marqué par de fortes tensions
Depuis le début de l’année 2026, les marchés américains connaissent une volatilité accrue. Après plusieurs années portées par les valeurs technologiques et l’intelligence artificielle, les indices ont montré des mouvements brusques liés aux anticipations de politique monétaire et aux publications de résultats trimestriels.
Plusieurs experts confirment d’ailleurs une volatilité plus élevée que d’habitude, y compris sur des valeurs historiquement considérées comme défensives. Certaines actions américaines à dividendes ont connu des corrections rapides et marquées, avec des baisses à deux chiffres en seulement quelques séances. Ce phénomène illustre un marché plus nerveux, où même les profils réputés « stables » ne sont plus totalement à l’abri.
La Réserve fédérale a maintenu une posture prudente sur les taux, rappelant que la trajectoire dépendra des données d’inflation et d’emploi publiées par le Bureau of Labor Statistics. À chaque statistique, les marchés réagissent fortement. Investir aujourd’hui, ce n’est plus surfer sur une tendance linéaire. C’est accepter un environnement exigeant et parfois brutal.
2. L’IA toujours centrale… mais sous pression sur les valorisations
Les géants technologiques restent dominants dans le S&P 500. Une part significative de la performance récente provient encore d’un nombre limité d’entreprises liées à l’intelligence artificielle et au cloud.
Mais les valorisations du segment IA sont jugées très élevées par de nombreux professionnels. Certains investisseurs ont d’ailleurs arbitré leurs positions en fin d’année 2025, prenant des profits importants sur les « 7 Magnifiques » après plusieurs années de hausse spectaculaire. L’un d’eux explique avoir multiplié par sept certaines positions avant de réduire fortement son exposition début novembre, estimant que le couple rendement/risque devenait moins attractif.
Dans le même temps, des opportunités ont été identifiées sur des valeurs plus décotées ou cycliques, illustrant une rotation sectorielle partielle. Ce type d’arbitrage reflète un marché qui reste dynamique, mais de plus en plus sélectif.
3. Un marché de momentum, attention aux pièges
Les ratios de valorisation du marché américain restent supérieurs à leur moyenne historique longue. Dans ce contexte, le marché fonctionne largement sur le momentum : la dynamique alimente la dynamique, tant que la confiance reste intacte.
Plusieurs experts alertent cependant sur la présence de signaux techniques fragiles, notamment des divergences baissières sur certains indices technologiques. Ces signaux ne sont pas encore validés, mais ils invitent à la prudence. Le marché envoie aussi de nombreux faux signaux, ce qui peut piéger les investisseurs trop réactifs.
Nous sommes dans un environnement qui ne pardonne ni l’improvisation ni l’excès d’optimisme. Plus que jamais, il s’agit d’investir avec méthode et discipline.
4. Construire sur le moyen et long terme
Malgré la volatilité court terme, un consensus clair émerge : un patrimoine ou un portefeuille se construit sur le moyen à long terme. Les résultats s’évaluent sur plusieurs années, pas sur quelques semaines.
Les marchés américains ont historiquement traversé des cycles de hausse, de correction, de crises et de reprises. C’est la constance de la stratégie, la diversification et la gestion du risque qui font la différence dans le temps.
5. L’économie américaine reste solide
Malgré les tensions, l’économie américaine demeure robuste. La croissance reste positive et le marché du travail résilient. Cette solidité structurelle explique pourquoi les capitaux internationaux continuent d’affluer vers les États-Unis.
Ces fondamentaux de long terme comptent davantage que les variations hebdomadaires. L’investissement n’est pas un vote quotidien sur l’actualité : c’est une construction progressive.
6. Le risque de change : court terme vs long terme
Pour une investisseuse basée en zone euro, investir aux États-Unis signifie s’exposer au dollar. À court terme, le risque de change est bien réel : les fluctuations de la parité euro-dollar peuvent amplifier ou réduire la performance.
Cependant, sur le long terme, certains experts rappellent que les grandes devises tendent à s’équilibrer au fil des cycles économiques. Les divergences monétaires peuvent créer des écarts temporaires, mais ces mouvements ne sont pas nécessairement permanents.
La gestion du risque de change dépend donc de l’horizon d’investissement et du support utilisé (compte-titres, PER, assurance vie).
7. Allocation et diversification : un choix personnel
Certains investisseurs assument une exposition très forte aux États-Unis, parfois jusqu’à 100 % du portefeuille, tout en restant largement diversifiés à l’intérieur du marché américain : grandes capitalisations du S&P 500, petites et moyennes valeurs, Nasdaq 100, énergie, consommation, etc.
Sur un compte-titres, cette concentration géographique peut être cohérente avec une conviction forte sur la dynamique américaine. En revanche, dans des enveloppes comme le PER ou l’assurance vie, une diversification géographique peut être pertinente pour équilibrer le risque global.
La vraie question n’est donc pas “faut-il investir ou non ?”. C’est : quelle part des marchés américains correspond à ton profil, ton horizon et ta tolérance au risque ?
