Siham Mbarek
Facilitatrice d’Éducation Financière & Mentor Finance au Féminin
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On n'aime pas trop en parler, et souvent on remet ça à plus tard. Pourtant, penser à l'avenir, c'est aussi protéger ceux qu'on aime. Ton conjoint, tes enfants, ta famille — ou toi-même face à un imprévu.
Que tu sois en couple, séparée, parent solo ou sans enfant, il existe des solutions concrètes et accessibles pour anticiper, organiser et transmettre dans de bonnes conditions. Pas besoin d'être fortunée pour t'y intéresser, et pas besoin d'attendre un moment plus stable pour agir.
Sans rien faire, c'est la loi qui décide. Elle définit qui hérite de quoi, dans quel ordre, et avec quels droits. Ces règles ne correspondent pas toujours à ce que tu aurais voulu — surtout si tu vis en concubinage, si tu as une famille recomposée, ou si tu veux avantager un proche en particulier.
Anticiper, c'est reprendre la main sur ces décisions. Ce n'est pas verrouiller l'avenir, c'est offrir à tes proches de la clarté et éviter des conflits ou des injustices qui auraient pu être évités.
En France, les héritiers légaux sont définis par ordre de priorité : enfants, puis parents, puis frères et soeurs, puis autres proches. Le conjoint marié a des droits spécifiques selon le régime matrimonial. En revanche, le concubin (sans PACS) n'hérite de rien par défaut et peut être soumis à des droits de succession de 60 %. Autant dire que la situation de fait ne correspond pas toujours à la situation juridique.
C'est le document qui exprime ta volonté sur la répartition de ton patrimoine après ton décès. Il peut être olographe (rédigé entièrement à la main, daté et signé) ou authentique (rédigé devant notaire). Le testament olographe est simple à faire mais peut être contesté ou perdu. Le testament notarié est plus sécurisé.
Attention : le testament ne peut pas tout faire. La loi française réserve une part obligatoire aux enfants, appelée réserve héréditaire. Tu ne peux pas les déshériter totalement. En revanche, tu peux librement disposer de la quotité disponible, la part qui dépasse cette réserve.
Donner de son vivant permet de transmettre une partie de son patrimoine tout en profitant d'abattements fiscaux renouvelables. L'abattement parent-enfant est de 100 000 € par enfant tous les 15 ans. Au-delà, des droits de donation s'appliquent selon un barème progressif.
La donation peut prendre différentes formes : don manuel (argent ou bien mobilier remis directement), donation devant notaire (obligatoire pour les biens immobiliers), donation-partage (pour anticiper la succession entre plusieurs enfants). Elle peut aussi être assortie d'une réserve d'usufruit : tu donnes la propriété mais tu continues à percevoir les revenus du bien jusqu'à ton décès.
L'assurance-vie est l'un des outils de transmission les plus puissants du droit français. Les capitaux versés au décès aux bénéficiaires désignés échappent aux droits de succession dans la plupart des cas, dans la limite de 152 500 € par bénéficiaire pour les versements effectués avant 70 ans.
La clause bénéficiaire est la pièce centrale. C'est toi qui choisis qui reçoit quoi, et en quelles proportions. Beaucoup de gens oublient de la rédiger ou la laissent en formule standard ("mon conjoint, à défaut mes enfants"), ce qui ne correspond pas toujours à leur situation réelle. Il faut la mettre à jour à chaque changement de vie important : séparation, naissance, décès d'un bénéficiaire.
Le régime matrimonial a un impact direct sur la succession. En communauté légale (le régime par défaut), les biens acquis pendant le mariage sont communs : à la dissolution, le conjoint récupère sa moitié avant même l'ouverture de la succession. En séparation de biens, chacun garde ses biens propres.
Pour renforcer la protection du conjoint survivant, plusieurs options existent : la donation entre époux (aussi appelée donation au dernier vivant), qui permet d'augmenter la part du conjoint au-delà des droits légaux, ou le changement de régime matrimonial devant notaire.
Le PACS offre une protection successorale limitée. Le partenaire pacsé est exonéré de droits de succession si un testament le désigne comme héritier, mais il n'est pas héritier légal automatique. Sans testament, il ne reçoit rien. Rédiger un testament en faveur du partenaire pacsé est donc indispensable.
C'est la situation la plus fragile juridiquement. Sans mariage ni PACS, le concubin n'a aucun droit successoral. Pour le protéger, les seuls outils disponibles sont le testament et l'assurance-vie avec une clause bénéficiaire en sa faveur. Les droits de succession entre concubins sont de 60 % au-delà des abattements, sauf pour les sommes transmises via assurance-vie.
Protéger ses proches, c'est important. Se protéger soi-même en cas d'accident ou de maladie grave, c'est tout aussi essentiel.
La prévoyance couvre les risques d'incapacité de travail, d'invalidité et de décès. Les salariés bénéficient souvent d'une prévoyance collective via leur employeur, mais elle est rarement suffisante. Les indépendantes, en particulier, doivent souscrire une prévoyance individuelle pour compenser l'arrêt de leurs revenus en cas d'accident ou de maladie.
À vérifier : quel est ton niveau de couverture actuel ? Combien toucherais-tu si tu étais en arrêt maladie prolongé pendant 6 mois ? 1 an ? La réponse est souvent inférieure à ce qu'on imagine.
C'est un acte par lequel tu désignes, de ton vivant et en pleine santé, une personne de confiance pour gérer tes affaires si tu venais à ne plus en être capable (maladie, accident grave). Sans ce document, c'est le juge des tutelles qui déciderait à ta place de qui s'occupe de toi et de tes biens.
Elles permettent d'exprimer tes volontés concernant les décisions médicales en cas d'incapacité à t'exprimer. Elles peuvent être rédigées librement, conservées chez ton médecin ou sur l'espace personnel Ameli. Elles ne concernent pas le patrimoine, mais le corps et la fin de vie.
Non, pas obligatoirement. Un testament olographe (rédigé entièrement à la main, daté et signé) est juridiquement valable sans notaire. Mais un testament notarié est plus sécurisé : il est conservé au fichier central des dispositions de dernières volontés, difficile à perdre ou à contester. Pour les successions complexes ou les familles recomposées, passer par un notaire est recommandé.
Non. En l'absence de mariage ou de PACS, le concubin n'a aucun droit successoral légal. Sans testament ni assurance-vie en sa faveur, il ne recevra rien. Les droits de succession entre concubins sont de 60 % au-delà des abattements. Le testament et l'assurance-vie sont les deux seuls outils pour le protéger.
C'est la part du patrimoine que la loi garantit obligatoirement aux enfants. Elle varie selon le nombre d'enfants : 1/2 pour un enfant, 2/3 pour deux, 3/4 pour trois ou plus. Tu peux librement disposer du reste (la quotité disponible) par testament ou donation. Autrement dit, tu ne peux pas totalement déshériter tes enfants.
Les capitaux versés à ton décès aux bénéficiaires désignés dans la clause bénéficiaire n'entrent pas dans la succession. Ils sont transmis hors droits de succession dans la limite de 152 500 € par bénéficiaire (pour les versements avant 70 ans). C'est l'un des outils de transmission les plus efficaces fiscalement. La clé : rédiger soigneusement la clause bénéficiaire et la mettre à jour à chaque changement de vie.
Oui. Un parent peut donner jusqu'à 100 000 € par enfant tous les 15 ans sans droits de donation (abattement légal). Au-delà, des droits s'appliquent selon un barème progressif. Pour les petits-enfants, l'abattement est de 31 865 €. Pour les dons en argent (don manuel), une simple déclaration aux impôts suffit. Pour les biens immobiliers, un acte notarié est obligatoire.
C'est un acte notarié par lequel tu répartis ton patrimoine entre tes héritiers de ton vivant. Son avantage principal : les biens donnés sont évalués au jour de la donation, pas au jour du décès. Cela évite les conflits liés aux réévaluations et garantit une répartition équitable. C'est particulièrement utile pour les familles avec plusieurs enfants et un patrimoine immobilier.
La succession est régie par les règles légales de dévolution successorale. Les enfants héritent en priorité, à parts égales. En l'absence d'enfants, ce sont les parents, puis les frères et soeurs. Le conjoint marié bénéficie de droits spécifiques selon le régime matrimonial. Le concubin et les amis proches ne reçoivent rien. Si personne n'est trouvé, les biens reviennent à l'État.
Tu peux décider aujourd'hui de ne pas laisser les choses au hasard. Rédiger un testament, mettre à jour ta clause bénéficiaire, ouvrir une assurance-vie en faveur de ton partenaire — chacune de ces actions peut changer considérablement la situation de tes proches le jour où ça comptera.
Les experts Mago t'aident à comprendre les règles, identifier ce qui est pertinent pour ta situation et passer à l'action, pas à pas.